Article publié dans Concours pluripro, mars 2021

 

La permanence des soins est en marche, avec des médecins de garde, des régulateurs, des effecteurs de soins engagés de 20 h à minuit ou de 20 h à 8 h, les week-ends, jours fériés et les ponts. Globalement, l’organisation fonctionne très bien sur l’ensemble du territoire, même si certaines zones sont insuffisamment couvertes. On ne peut pas dire que les médecins généralistes ne sont pas volontaires. Il suffit de voir l’évolution de la démographie médicale avec, en parallèle, les organisations qui se mettent en place.

Côté soins non programmés, l’existant fonctionne pour les patients ayant un médecin traitant si ceux-ci ont des plages horaires libres quotidiennes dédiées aux SNP dans leur agenda. Mais pour les autres ? Pour ceux qui n’en ont pas ou ceux dont le médecin traitant n’est pas disponible ? C’est un vrai sujet ! Deux possibilités s’offrent alors au patient : aller aux urgences ou attendre la garde du soir. C’est l’organisation classique.

Avec les MSP et les CPTS, des réponses se mettent en place dans le cadre de l’exercice coordonné, entre médecins généralistes et parfois les infirmières, sur les heures ouvrées. Il n’y a pas de réponse unique. Chaque territoire s’organise comme il l’entend. D’ailleurs, dans nombre d’entre eux, le SAS ne va rien changer à l’existant, car les médecins généralistes mettent déjà à disposition des rendez-vous pour les SNP aux heures ouvrées. Néanmoins, pour envisager le fonctionnement optimal du SAS, il faut prévoir une majoration des actes des effecteurs de soins dans le cadre des SNP, d’autant plus que ces demandes de soins auront été auparavant régulées par un médecin régulateur libéral.

Le faible montant proposé par l’Assurance maladie a fait échouer la négociation conventionnelle de l’avenant 9, car par exemple, pour 40 actes de soins non programmés par trimestre, la majoration par acte proposée est seulement de 5 euros. Nous en demandons 15. Si aucun accord n’est trouvé, cela risque de mettre à mal le déploiement du service d’accès aux soins (SAS), qui devra alors financer ces majorations sur le Fonds d’intervention régional (FIR), sinon il n’y aura pas d’effecteurs, donc pas de SAS.

Quant au numéro unique, je n’y suis pas favorable. Il faut un numéro dédié à la médecine générale. C’est une question d’éducation de la population au système de santé. Il faut arrêter d’entretenir la confusion dans la tête des usagers entre le recours à un médecin généraliste et le recours à l’hôpital. Aux heures d’ouverture des cabinets, si une personne a besoin d’une consultation de médecine générale, elle appelle son médecin traitant au lieu de se rendre aux urgences. Si elle n’a pas de réponse à sa demande de soins auprès de son médecin traitant, elle doit pouvoir appeler un numéro dédié à la médecine générale, le 116 117 par exemple, qui est un numéro européen. Et comme pour la permanence des soins, le SAS, avec ce numéro dédié, permettra une prise en charge par un médecin généraliste régulateur qui orientera si besoin ce patient vers un médecin généraliste qui le verra en consultation. Le 15 doit être uniquement dédié à l’urgence médicale qui relève du Samu… C’est ainsi que l’on utilisera au mieux notre système de santé et que l’on fera des économies.

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