article publié dans Concours pluripro, mai 2021

L’imagerie médicale est en pleine innovation technologique et organisationnelle. Que de progrès depuis la découverte des rayons X en 1895 ! Aucun secteur de l’imagerie n’échappe au boom technologique actuel, y compris l’imagerie conventionnelle, avec notamment l’apport de l’intelligence artificielle (IA). "On la retrouve un peu partout en imagerie, de la phase de préparation du patient jusqu’au post-traitement avec de l’aide au diagnostic", rappelle Jérôme Chevillotte, directeur du pôle Diagnostic de précision à Philips France. L’échographie a ainsi évolué ces dernières années avec la 3D dans l’imagerie anténatale et la 4D. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) connaît également de nombreuses évolutions avec l’IRM 7 teslas, l’IRM sans hélium ou l’IRM sans bruit. Sur le scanner, beaucoup de progrès également pour réduire les doses ou via la création de nouvelles applications, comme le scanner spectral qui fournit des informations anatomiques ou physiologiques nouvelles.

Les innovations concernent également l’imagerie thérapeutique avec des salles hybrides qui permettent, grâce à des fusions d’images, de mieux guider le geste interventionnel… Toutes ces innovations ont un point commun : elles produisent des images mais aussi de la data qui, couplée à l’IA, permet de rendre l’image plus précise, de réduire l’irradiation et de mieux orienter la prise en charge des patients. En se fondant sur l’expérience patient, les solutions visent aussi à améliorer le confort de ce dernier lors d’examens parfois anxiogènes, en créant des environnements relaxants, en augmentant la rapidité des examens ou en réduisant les injections de produit de contraste.

 

Un rôle clé dans la prise en charge de l’avc

Grâce à cette révolution technologique permanente, l’imagerie est devenue indispensable dans le diagnostic et le traitement de nombreuses pathologies. Mais c’est probablement l’accident vasculaire cérébral (AVC) qui en offre le meilleur exemple, car "l’imagerie cérébrale a été une révolution dans la prise en charge de cette maladie", souligne le Pr Jean-Pierre Pruvo, chef du pôle imagerie, médecine nucléaire et explorations fonctionnelles au CHRU de Lille, en rappelant "qu’un Français est victime d’un AVC toutes les quatre minutes. C’est la première cause de mortalité chez la femme, devant le cancer du sein, et la troisième chez l’homme".


crédit : Snitem - Source : www.profilmedecin.fr/contenu/chiffres-cles-medecin-radiologue (juin 2019)

En France, l’IRM s’est affirmée comme la modalité standard de diagnostic. Ce fut la première révolution, qui sera suivie d’une deuxième, avec la thrombectomie, qui consiste à traiter l’AVC par la radiologie interventionnelle sur le modèle de l’infarctus du myocarde. On le sait : en phase aiguë d’AVC, l’imagerie doit être réalisée le plus vite possible. Et, en France, les choses se sont
améliorées : le réflexe du 15 – qui oriente le patient vers un site équipé d’imagerie – est bien intégré ; le territoire est désormais couvert par un dispositif gradué avec des unités neurovasculaires (UNV) et des "UNV de référence" équipées pour la thrombectomie... Un dispositif complété par la télé-AVC, qui permet aux urgentistes de joindre à tout moment un neurologue et un neuroradiologue présents dans un des centres hospitaliers pour un avis spécialisé par web-caméra et téléradiologie.

 

La suite de cet article est réservée aux abonnés.
Pas encore de compte? Inscrivez-vous
RETOUR HAUT DE PAGE