La question du "bien vieillir" est une préoccupation majeure des politiques publiques, notamment avec l’arrivée prochaine au grand âge des premières générations du baby-boom. Les pouvoirs publics devront y faire face dans un contexte marqué par de profondes inégalités territoriales. La Caisse des Dépôts a publié, le 13 mai 2022, l'étude "Les disparités territoriales en matière de vieillissement et d'accès aux soins" qui propose une analyse de données démo-économiques.

 

Des contrastes géographiques

Au plan démographique, si on constate une surreprésentation des personnes âgées dans les zones d’habitat peu denses allant du Sud-Ouest au Nord-Est de la France, elles résident par contre majoritairement dans les grandes agglomérations urbaines et le littoral atlantique et méditerranéen, des zones qui attirent les nouveaux retraités.

Sur l’autonomie des personnes âgées, l’étude confirme logiquement que la part des personnes âgées avec un degré d’autonomie faible et très faible augmente avec l’âge, elle est quatre fois plus élevée chez les 75 ans et plus par rapport aux 60/74 ans. L’étude révèle également que la perte d’autonomie est plus fréquente et a tendance à intervenir plus tôt dans le Nord et l’Est, des régions marquées par un passé industriel difficile, alors que la situation est plus favorable en Ile de France, Bretagne et Pays de Loire.

 

 

Les niveaux de vie et de pauvreté des 75 ans et plus, des paramètres essentiels dans le financement de la prise en charge de la dépendance, sont d’une grande hétérogénéité. Le Nord, l’Est ainsi que les départements non-côtiers du Sud-Ouest ont, par exemple, des niveaux de vie inferieurs à la médiane nationale ainsi que des taux de pauvreté élevés. Pour les départements non côtiers du Sud-Ouest, l’explication tient dans la surreprésentation d’anciens exploitants agricoles et de leurs conjoints avec de faibles niveaux de pensions de retraite.

Une typologie générale des départements selon les caractéristiques de populations qui y résident (revenu médian, difficultés de la vie quotidienne, logement, pauvreté) permet également aux auteures de l’étude de diviser la France en quatre groupes pour les 60/74 ans et trois groupes pour les 75 ans et plus. Une analyse qui fait aussi ressortir de forts contrastes territoriaux sur le degré d’autonomie ou le nombre de bénéficiaires de l’Allocation personnalisée ) l'autonomie (APA).

 

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