Article publié dans Concours pluripro, septembre 2021

Il y a une trentaine d’années, plusieurs facultés de médecine réparties à travers le monde* et constituant un réseau informel avaient entrepris de profondes réformes des cursus proposés aux étudiants. Cela intervenait dans la mouvance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui entonnait alors son généreux mot d’ordre : "La santé pour tous en l’an 2000". Pour l’essentiel, ces réformes comportaient deux axes principaux. D’une part, les modalités d’apprentissage (et non plus d’enseignement) privilégiaient le travail en petits groupes dédié à la résolution de problèmes pratiques (théorisé sous le vocable de problem-based learning qui, depuis, a fait florès). D’autre part, les étudiants des filières conduisant à différentes professions de santé étaient réunis dans plusieurs sessions communes tout au long du curriculum.
Ces réformes, plutôt radicales, résultaient notamment de constats diffusés par les collaborateurs de l’OMS, selon lesquels un nombre croissant de problèmes de santé – en particulier dans les pays développés – trouvaient leurs meilleures résolutions dans la coopération de différents professionnels de santé intervenant simultanément ou successivement auprès du patient. Dès lors, il semblait judicieux que des professionnels appelés à coopérer étroitement se connaissent dès leur formation initiale et apprennent à travailler ensemble.

* Linköping à l’ouest d’Oslo en Suède, Maastricht aux Pays-Bas, McMaster en Ontario, Beer-Sheva en Israël, Adelaïde en Australie et, dans le contexte français, l’UFR expérimentale santé, médecine, biologie humaine de Bobigny.

Un petit groupe d'enseignants enthousiastes

Dès 1986, la faculté de Linköping, en Suède, – devenue de santé et non plus de médecine seule – avait ainsi ouvert un cursus où des étudiants destinés aux professions de biologistes, d’infirmières, de kinésithérapeutes, de travailleurs sociaux et de médecins se retrouvaient régulièrement regroupés pour des sessions thématiques de formation commune. Depuis lors, cette initiative n’a cessé de prospérer et, avec vingt années de recul, ses initiateurs avaient commis en 2009 un intéressant papier dans le Journal of Interprofessional Care où ils portaient un regard rétrospectif sur le chemin parcouru.

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