Quelle a été l’étincelle qui vous a donné envie de créer le Ceres ?
Il y en a eu trois. Tout d’abord, je travaille beaucoup sur l’évaluation des pratiques et la pertinence des soins, ce qui me rend sensible au fait qu’il existe des soins inutiles. D’autre part, au bloc opératoire, je travaille avec le Dr Juliette Marcantoni, investie au sein du groupe Sfar Green (dédié au développement durable au sein de la Société française d’anesthésie-réanimation), qui m’a proposé de mettre en place des initiatives locales : récupération des déchets, défis « no plastic »… Enfin, quand j’ai pris la présidence de l’Association française de chirurgie il y a deux ans, je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de travail à faire sur ce sujet.

Que fait le Ceres ?
Il compte des sociétés savantes (AFC, Sfar, etc.) mais aussi des associations de patients, comme France Assos Santé. Et nos membres viennent de toutes les spécialités et de tous les secteurs : hôpitaux, cliniques, libéral… En raison de la pandémie, nos actions ont pour l’instant été assez réduites, mais nous avons pu faire une réunion à l’Académie de chirurgie sur les actions possibles afin de rendre le bloc un peu plus vert. Nous travaillons aussi sur les parcours de soins : décortiquer un acte comme l’appendicectomie ou la cholécystectomie pour voir ce qui, de la consultation au geste chirurgical en passant par les transports, les pansements, le suivi en ville, peut être amélioré. Nous espérons rendre notre copie à la rentrée, pour la Semaine européenne du développement durable.

Quel rôle pour les soins de ville ?
Nous ne souhaitons pas travailler en silos, au sein du seul monde hospitalier, même si on sait que le bloc opératoire est le principal producteur de déchets et consommateur d’énergie de la santé. Nous voulons travailler sur les parcours afin d’inclure les initiatives de tous les acteurs, médecine de ville comprise. À cet égard, le regroupement des soignants, par exemple en CPTS, est très intéressant, car on peut plus facilement les identifier. Le rôle du Ceres sera de créer de la connaissance, mais aussi de faire connaître les initiatives locales. Nous voulons être un lieu de rencontre entre les gens d’horizons différents, et plus nous représenterons de monde, plus nous serons audibles vis-à-vis de nos tutelles. J’appelle donc les soignants de ville à nous rejoindre !

 

 

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