Le gouvernement français a annoncé, dimanche 30 mars 2025, son intention de déposer un amendement à la loi sur les violences sexuelles et sexistes afin de rendre obligatoire la formation des professionnels à la détection des abus sexuels. Au travers de cette loi, qui sera étudiée ce jeudi au Sénat, le gouvernement souhaite " imposer une formation obligatoire à tous les professionnels qui sont au contact des enfants, les professionnels de la santé, du médico-social, les enseignants, les animateurs culturels, sportifs, tous les professionnels, sur la détection des abus sexuels", a déclaré sur BFMTV, Aurore Bergé, ministre en charge de la lutte contre les discriminations, comme le rapporte l’AFP. La ministre a précisé que cette formation obligatoire serait intégrée dès la rentrée prochaine, et concernera à la fois la formation initiale, et la formation continue des professionnels concernés, tels que les médecins, infirmières, sages-femmes, enseignants, et personnel médico-social. 

Principal objectif de cette mesure annoncée :  améliorer la capacité des adultes à détecter les signes d'abus chez les enfants, car comme l’a précisé Aurore Bergé, "un enfant ne verbalise pas forcément, mais un enfant s'exprime quand même, (…) sur les souffrances qu'il peut subir et envoie des signaux aux adultes que nous, parents, amis, proches, professionnels, on doit savoir décrypter". Elle a insisté sur le l’importance de former le "plus tôt possible" les professionnels, sans quoi, il sera impossible ou tout du moins très compliqué, d’"endiguer ces violences-là". Elle a aussi détaillé les signes possibles, comme des "troubles du comportement", des troubles alimentaires, des "troubles du sommeil", qui peuvent être des indicateurs de violences subies par l'enfant.  

Pour rappel, Aurore Bergé avait déjà déposé une proposition de loi rejetée à l'Assemblée lorsqu'elle était députée, et a réaffirmé vouloir "rendre imprescriptibles les crimes sexuels contre les enfants". L'amendement a été déposé ce lundi et sera donc examiné le 3 avril par les sénateurs. En cas d'adoption, que la ministre espère largement assurée, cette mesure devrait entrer en vigueur dès la rentrée, en vue d'une meilleure prise en charge des victimes potentielles et de la prévention des abus sexuels sur mineurs. 

"Les violences sexuelles faites aux enfants, c'est un fléau absolu [qui] se  
passe dans l'intimité des familles", a conclu la ministre, "je sais qu'à un moment, on y arrivera parce que c'est ce qu'on doit aux enfants". 

[Avec l'AFP] 

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