Article publié dans Concours pluripro, avril 2021.

À la maison de santé du Tournugeois, à Tournus, la télédermatologie s’appuie depuis quelques années sur la plateforme régionale de télémédecine Telmi, qui permet de transmettre, entre professionnels et de manière sécurisée, les données patients. "La consultation médicale est souvent le point de départ, par exemple lors d’un échange sur un sujet autre que dermatologique, explique le Dr Olivia Mambrini, médecin généraliste à la MSP. Si on repère des lésions qui nous interpellent, et qu’on a besoin d’une orientation ou d’un avis assez rapidement, on va opter pour une télédermatologie, compte tenu des délais de rendez-vous auprès de nos collègues spécialistes." Ce qui permet, précise-t-elle, d’avoir un avis d’expertise ou d’obtenir un rendez-vous plus rapidement avec le spécialiste. "C’est très simple et très pratique !", assure le médecin.

 

Une réponse sous 24 à 48 heures

Son outil de travail : "Un téléphone portable dédié à cet usage, lance-t-elle. Selon le type de lésions, le dermatologue demande un certain nombre de photos et de précisions de point de vue. Nous les lui transmettons, accompagnées d’un questionnaire type qui reprend les données administratives et une grille de questions : le type de peau du patient, les antécédents (par exemple des traitements pouvant induire des problèmes dermatologiques), le type de lésion, le diagnostic évoqué, les traitements testés et les résultats… Ce maillage type de questions permet de transmettre suffisamment d’éléments au spécialiste."

Ces données sont remises aux secrétaires ou aux infirmières Asalée qui les transmettent via la plateforme Telmi aux Drs Nathalie Bailly et Vincent Duliège, installés dans un cabinet de dermatologie à Mâcon. "Pour les lésions cutanées basiques, nous avons en général une réponse dans les 24 à 48 heures, avec le diagnostic et la conduite thérapeutique à tenir, précise Olivia Mambrini. Et, en cas de doute, ils nous proposent de recevoir le patient ou le contactent directement." En revanche, pour des suspicions de lésions mélaniques, les médecins procèdent à des prises de vue grâce au télédermatoscope, un petit appareil branché sur l’objectif du téléphone. "Par exemple, en cas de nævus étrange ou suspect, on utilise cet outil, qui oriente tout de suite le dermatologue. Ce qui évite d’avoir des semaines ou des mois d’attente pour nos patients, surtout pour des lésions mélaniques. C’est un gros plus pour nous et pour les patients", avance le médecin.

Quid de la rémunération ? "On reçoit une subvention annuelle forfaitaire du Fonds d’intervention régional (FIR), utilisée en partie pour verser une prime aux secrétaires qui assurent la télétransmission des demandes d’expertise, ainsi que pour payer les frais de fonctionnement du matériel, explique Edwige Genevois, coordinatrice à la MSP du Tournugeois, qui tient un décompte annuel du nombre de demandes par médecin. On calcule ensuite le montant de la rémunération par dossier de télédermatologie. Et chaque médecin généraliste est rémunéré en conséquence."

La MSP travaille aussi avec un cabinet de cardiologie à Chalon-sur-Saône, avec un système de holter ECG. Les données récoltées sont ensuite transmises, avec un questionnaire, au cardiologue. Depuis début 2019, l’équipe médicale a traité 561 dossiers, soit 535 dédiés à la télédermatologie et 26 à la télécardiologie.

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