""dominique ponArticle publié dans Concours pluripro, avril 2021.

Comment le numérique doit-il venir en aide aux professionnels de santé en exercice coordonné ?
Ce mode d’exercice requiert des outils qui permettent l’interopérabilité entre les logiciels des différents professionnels. Les gens abandonnent rarement leur logiciel d’origine, ils y ajoutent simplement un outil de coordination. Donc, quand une nouvelle plateforme arrive, elle doit d’elle-même pouvoir s’interfacer avec les outils des différents acteurs.

Quel doit être le rôle de l’État ?
L’État ne se positionne pas pour remplacer les logiciels existants, ce qui serait une folie, mais pour fournir des services socles : identifiant national de santé, norme d’authentification avec PRO Santé Connect, espace de confiance des messageries avec MSSanté … L’État fait donc preuve de volontarisme en développant ces briques d’incitation, en finançant leur intégration, mais il saura aussi faire preuve de coercition : il n’y aura bientôt plus de financement public si on ne respecte pas ces services.

L’État n’a-t-il pas favorisé une certaine cacophonie en finançant, par exemple, une multitude d’outils régionaux de coordination ?
Je me suis déjà exprimé sur le sujet en estimant que, dans le cadre d’un programme comme TSN (Territoire de soins numérique), l’argent public avait été dépensé sans doctrine. Tous ces outils ont désormais une feuille de route pour converger vers la doctrine nationale. C’est le cas du programme e-Parcours, totalement compatible avec cette vision.

En quoi la feuille de route nationale va-t-elle répondre aux besoins des structures d’exercice coordonné ? à quelle échéance ?
Il faut s’imaginer une maison. Il y a un travail, qui est ingrat, qui consiste à faire la dalle. Sur ce sujet, nous avions quinze ans de retard sur beaucoup de pays, mais nous avons désormais un répertoire des professionnels de santé, un identifiant, etc. Sur cette dalle, les industriels peuvent désormais construire des outils compatibles avec les normes. Certains seront plus rapides que d’autres. Je ne veux pas vendre du rêve : cela prendra des années avant que tous les logiciels communiquent de façon sécurisée.

Sans "vendre du rêve", pouvez-vous décrire votre objectif ?
Ce que je vise, c’est une appropriation collective des mêmes principes. Une fois qu’on aura franchi cette étape, l’exercice pluriprofessionnel pourra vraiment s’inscrire dans l’innovation, avec par exemple des parcours plus personnalisés ou prédictifs. J’imagine, par exemple, que les professionnels d’une MSP qui auront vu un parcours intéressant en cardiologie développé par une start-up pourront facilement le brancher sur leur système. Mais cela ne sera possible que lorsque tout le monde aura les mêmes bases.

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